3 000 commerces pillés. Six fourgons devant Trogneux.

Je vais faire court parce que, parfois, les chiffres se suffisent presque à eux-mêmes.
Samedi 17 octobre, au moins 3 000 commerces ont été touchés par des pillages ou des dégradations en France. Des commerçants ont vu en quelques heures leur outil de travail saccagé, parfois vidé de son contenu. À Limoges, l’hôtel de ville brûlait. Dans plusieurs grandes villes, le ministre de l’Intérieur a lui-même reconnu une « perte de contrôle ».
Et pendant ce temps ?
Selon Alliance Police nationale, six camions de CRS, soit une demi-compagnie, étaient déployés devant la chocolaterie Jean Trogneux à Amiens, dirigée par le petit-neveu de Brigitte Macron.
Six.
Je veux bien entendre toutes les explications du monde.
Je veux bien qu’on m’explique qu’il existait une menace particulière.
Je veux bien qu’on m’explique que les services disposaient d’informations dont nous n’avons pas connaissance.
Mais il va falloir l’expliquer très sérieusement.
Parce que lorsque 3 000 commerçants découvrent qu’ils peuvent être livrés aux pillards pendant qu’une demi-compagnie de CRS protège un commerce appartenant à la famille de la Première dame, le problème n’est plus seulement sécuritaire.
Il devient politique.
Et moral.
Alliance pose la bonne question : « Les Français ont-ils tous droit à la même protection ? »
C’est exactement ce que j’aimerais savoir.
Parce que le petit commerçant qui a travaillé toute sa vie, qui paie ses impôts, ses cotisations, son assurance, son loyer et ses salariés a lui aussi une famille.
Lui aussi a quelque chose à perdre.
Simplement, il ne s’appelle pas Trogneux.
Alors oui, peut-être existe-t-il une justification opérationnelle parfaitement valable.
Mais en attendant qu’on nous la donne, l’image est accablante.
3 000 commerces touchés.
Six fourgons devant celui de la famille présidentielle.
Et un ministère de l’Intérieur qui, interrogé par Le Parisien, n’avait toujours pas répondu.
Après presque dix ans de macronisme, voilà aussi où nous en sommes : un pays où l’État peine à protéger des milliers de citoyens ordinaires et où il faut apprendre par un syndicat de police qu’une demi-compagnie de CRS aurait été mobilisée devant le commerce d’une famille liée à l’Élysée.
Je ne veux pas une enquête sociologique.
Je ne veux pas du « en même temps ».
Je veux simplement savoir :
qui a donné cet ordre, pourquoi, et est-ce que n’importe quel commerçant français placé dans la même situation aurait bénéficié des mêmes six fourgons ?
La réponse devrait être très simple.
J’attends de l’entendre.
